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  • : Laurent Calvayrac
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  • : 01/04/1986
  • : Je suis étudiant en Information et Communication à l'université des Sciences Sociales de Toulouse 1.

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Mercredi 2 juillet 2008

 

Aéroport de Blagnac. 8:00 am

Le soleil brille déjà, j’ai la gueule en vrac. Le vol n’est qu’à 10h45 mais on est déjà là, histoire de ne pas prendre le bouchon des chauffeurs routiers bien profond.

Stressé comme avant chaque vol, je squatte les toilettes de l’aéroport. Détestant faire les choses à moitié, j’en profite pour défoncer la cuvette des chiottes handicapés de pets retentissants.

L’avion pointe rapidement le bout de son nez, l’embarquement peut alors commencer. Il est 10h20. En moins de deux, me voilà ratatiné côté hublot près d’un géant germanique pas très bavard. Je bafouille quelques mots pour le remercier d’avoir levé son cul du siège que je puisse y mettre le mien et on décolle peu après direction Francfort.

Vers les onze heures, petite collation. L’hôtesse est allemande, comme toutes ses collègues. Eh merde je pige rien à ce qu’elle me raconte celle-là. Apparemment, on a le choix entre deux collations. Le seul mot que je parviens à extirper de son blabla n’est qu’un vulgaire « cheese ». C’est alors que je remarque qu’elle était déjà passée de l’Allemand à l’Anglais sans même crier gare. Je tente un « cheese », accent impeccable, « i » long, et me voilà avec un petit sandwich accompagné d’un bounty encore plus petit qu’une gomme. Pour la boisson, l’universel « Coca-Cola » fera l’affaire.

Le vol, plutôt court, se déroule sans problème, les hôtesses n’ont de cesse d’assener les passagers de « bitte » et autre « bitte schön » en veux-tu en voilà. Mon voisin finit enfin par lâcher un son, à ma grande surprise il ne s’agit pas d’un mot.

 

Aéroport de Francfort. 12:35 pm

Ca y est, on atterrit. Un bus nous amène dans le bâtiment de transit des voyageurs. Après un dédale de couloirs et d’escaliers en tout genre, nous débarquons devant un immense panneau d’information. Je balaye des yeux les nombreux écrans et finis par tomber sur mon prochain vol : Vancouver DE1070. J’ai un mauvais pressentiment : la porte d’embarquement n’est pas indiquée. Je me dirige à tout hasard vers la droite. Des gens vont et viennent dans tous les sens. D’autres, comme moi, avancent le nez en l’air à la recherche de quelques repères. Je tombe sur un employé de l’aéroport, assailli par des brebis égarées.  J’attends mon tour et formule ma requête de façon exagérement maladroite : « Ich suche my gate für this Flug »....peut mieux faire… Sa vivacité d’esprit m’évite un grand moment de solitude. Il finit par m’indiquer la porte de la liberté : « Gate 44 ». Mon mauvais pressentiment ne me lâche pourtant pas.

Je traverse ensuite l’aéroport d’un bout à l’autre, je n’ai jamais vu autant de portes d’embarquement. 

A proximité de la Gate 44, un panneau d’information attire mon attention. Mon vol est « scheduled » à 15h10, pourtant c’est le seul à posséder une indication supplémentaire en rouge : « estimated 16h50 ». Ok c’est pour ma pomme, je vais rester planté là un bon bout de temps. Par précaution, je demande confirmation auprès d’un employé dans les environs. Je lâche cette fois une phrase filiale à 100% de Goethe. Je subis un enchaînement dont je ne parviens pas à me remettre. Pour faire clair, j’ai rien compris à ce que venait de me dire le gars. Je lui décroche un sourire niais et le remercie. Je pars visiter les chiottes avant d’aller m’acheter de quoi grignoter. La vendeuse me gratifie d’un « bitte » enchanté. La transaction se passe à merveille, je comprends tout ce qu’elle me dit (pas grand-chose il faut le reconnaître). Fier de moi, je ne bronche même pas lorsqu’elle me demande 5€40 pour un simple muffin qui pisse le gras et 20cl de Pepsi.

Je n’ai pas le temps de me caler qu’une annonce nous prie de bien vouloir nous avancer pour un embarquement immédiat. Je siffle mon soda d’un trait, me retiens de roter comme un dégueulasse et fourre mon gâteau dans mon sac.

Nous sommes de quoi remplir tout un Boeing mais le scan des passeports est rapide. On s’entasse ensuite dans une zone d’attente, de longue attente, où un programme télé de la Deutsche Welle, projeté sur un LCD dernier cri de chez LG, ne fait que diffuser en boucle les sports publicitaires de ladite marque d’électronique.

Des voix rugissent enfin des plafonds. Le grésillement des hauts parleurs rend l’Allemand encore plus incompréhensible qu’il ne l’est déjà. Apparemment, on appelle les passagers par numéro de fauteuil. Agacé de ne rien comprendre, je me retourne vers la personne la plus proche de moi afin de lui demander de me faire un topo du speach. Elle ne pipe pas un mot d’allemand non plus. Un « Verstehst du ? » adressé à une jeune fille d’à peu près mon âge me sort de cet état de flottement. Mon numéro avait déjà été appelé, il me fallait monter à bord.

L’avion, un Boeing, est cette fois-ci plus large et plus long. Je suis logé en queue d’appareil. Mon voisin à déjà pris place côté couloir. Il se lève pour me laisser m’installer. 

L’avion ne décolle que longtemps après. Les hôtesses nous abrutissent de leurs interminables phrases toutes faites, les écrans télé s’allument et retransmettent l’image prise par une caméra sous l’appareil. Vingts secondes d’intenses accélérations et nous voilà déjà au dessus de Francfort, de ses habitations, ses routes et ses champs à perte de vue. Ni une ni deux, le personnel naviguant nous sert à manger. Au fur et à mesure de la progression du chariot ravitailleur dans ma direction, je tente de comprendre ce que dit l’hôtesse. Une fois n’est pas coutume, on a le choix entre deux plats. Mon voisin s’enquit du premier. « fnz#u Efpek h an ¿ » me fait l’hôtesse. Grand moment de solitude. Le langage des signes s’impose. Je montre le plateau entièrement recouvert d’aluminium de mon voisin en lui signifiant que je veux le même, peu m’importe son contenu. C’est là qu’elle insiste et me repose la question. Putin mais me soule pas ! File moi le même point barre ! Bé quoi ? Si je trouve ça beau le papier alu j’ai le droit non ?

Ce n’est qu’en le déballant que j’ai compris ce qu’elle essayait de me dire : farfale au basilic sur coulis de tomate…

En tout et pour tout, le service restauration est passé plus de 10 fois en 9h de vol. Nous avons eu droit à un gouter vers 22h puis une salade de céleri et son escalope de dinde à 1h du mat’.

Le vol est agréable, des passagers se chargent à leur insu de me distraire un peu entre deux chapitres du bouquin que je suis en train de lire.

Une femme, pull bleu schtroumpf, a une bouche aussi conne que le reste de sa gueule : plate et proéminente, c’est davantage d’un bec d’ornithorynque dont il s’agit. Affublée de Ray ban teintées façon Chips, elle a passé les 9h du trajet à faire des allers et retours entre les rangées, jetant de temps à autres des regards vides de toute forme d’intelligence de ci de là et fuyant telle une bête traquée les chariots ravitailleurs des hôtesses. Je me suis arrêté de compter après 32 aller-retour.

Je commence à me cailler sévère, la couverture mise à notre disposition de suffit pas. Je jette un regard vers le hublot, spectacle grandiose. Nous sommes en train de survoler le Groenland. De notre position, nous ne pouvons que contempler une succession infinie de plaques de glaces agonisantes, rongées par la toute relative chaleur estivale de ce 30 juin 2008.

Des voix commencent à s’élever en queue d’appareil, à quelques sièges du mien. Un Ricain, subissant visiblement les effets combinés de la consommation d’alcool et de la pression atmosphérique, commence à perdre son sang froid pour je ne sais quelle raison. Une hôtesse, accompagnée d’un collègue, lui fait la leçon. Elle mate notre éméché en un rien de temps, le steward se contentant pour sa part de lever le coude, poignet fléchi et index tendu droit devant, reprochant au vilain pochtron d’avoir manqué de respect à sa copine. Ouh qu’il est vilaine !

Sur ce, je fini par piquer un petit somme. A mon réveil, la Chose s’activait toujours à déambuler dans les rangées, fuyant de temps à autre un chariot qui tentait de lui rentrer dans le cul.

Les dernières heures paraissent sans fin. Je regarde passer en boucle les infos de vol : nous sommes à 4000 mètres d’altitude, volons à 780km/h sur une distance totale de 8 000 km. Le soleil est toujours aussi éclatant, nous remontons le temps. C’est le jour le plus long de mon voyage.

Nous allons atterrir dans quelques minutes. Tout le monde doit regagner son siège. La déambulatrice part retrouver son terrier et je ne le reverrai plus. L’alcoolo a décuvé, everything is ok.

La descente est pour nous l’occasion de découvrir Vancouver vue du ciel. La zone qu’il nous est  permis de voir me semble dans un premier temps inondée tant les lacs et cours d’eau sont nombreux. En hiver, il ne neige pas beaucoup à Vancouver, il flotte. La ville se dévoile peu à peu, ses rues en damiers, ses maisons individuelles sagement rangées, sa verdure, ses quelques gratte-ciels.

 

Aéroport de Vancouver. 18:30 pm

Débarqués, nous découvrons l’aéroport de Vancouver, somptueux. Le thème Inca/forêt tropicale est à l’honneur. Des cascades d’eau chatouillent les escalators, de grands totems accueillent les arrivants.

Nous devons montrer patte blanche et passer le poste de contrôle des entrants sur le territoire. Et montrez-moi votre passeport, et pourquoi vous êtes ici, et où allez-vous travailler, pourquoi faire, combien de temps, où allez-vous loger etc etc. On m’envoie au bureau de l’immigration, lequel m’ordonne d’abord d’aller récupérer mes bagages. Ceci fait, je retourne à ce fameux bureau. On me dit cette fois de laisser mes bagages en plan dans un coin, on m’ouvre une porte. Je n’ai plus qu’à suivre un long ruban de file d’attente vers les guichets de l’immigration. Six sont ouverts mais la salle est vide, il n’y a personne à part moi. Mon interlocuteur ressemble à un prophète d’Allah, je ne peux m’empêcher de sourire face à l’ironie de la situation. Il me demande des trucs auxquels je réponds (les mêmes questions que tout à l’heure) et d’autres auxquels je n’y entends rien. Il parle d’un numéro apparemment. Bref, il gueule « Do someone speak French ? » à ses collègues. Dans le lot, seule une femme est en mesure de nous venir en aide. Je passe pour un gros assisté de la vie. Paradoxalement, ce qui me rassure c’est que même dans un Français parfaitement clair je ne saisis toujours pas la requête, elle me parle d’un code d’identité qui m’est inconnu dans un jargon qui est le sien et dont je ne saisis pas la finalité. Moi, tous mes papiers sont là et en règle, même si nos deux agents semblent découvrir pour la première fois un mail que l’ambassade du Canada m’avait fait parvenir et demandé de présenter à mon arrivée sur le territoire.

Une fois la paperasse réglée, je n’ai pas le temps de faire 3 mètres en direction de la sortie du bureau des immigrants qu’on me demande déjà de sortir mes papiers. Retour à mes valises, cette fois je quitte pour de bon l’aéroport. Un dernier passage aux douanes et me voilà enfin soulagé de ne plus sentir se soupçon paranoïaque permanent au dessus de ma tête. Un correspondant de l’agence vient m’accueillir et me conduit vers ce qui sera mon foyer pour les deux prochains mois.

Par Laurent Calvayrac - Publié dans : Job à Vancouver
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Mardi 29 avril 2008

Ah yèèèèè ! J'ai enfin reçu une bonne nouvelle nouvelle de la part de l'ambasse du Canada : mon permis de travail pour cet été m'a été délivré !

Un dossier assez long à constituer mais une réponse rapide : ouf je suis enfin soulagé, JE PART OFFICIELLEMENT TRAVAILLER AU CANADA CET ETE. Et dire que tous mes proches sont au courant, si le permis m'avait été refusé, bonjour le couac...Mais non ! Un beau CV, un merveilleux contrat de travail, 4 photos studios, 6 recommadations et 2 test ADN plus tard (meuh non je blague), me voilà enfin prêt pour partir...dans 2 mois ; ).

Les préparatifs s'accélèrent :
 - billet d'avion aller-retour : ok, payé avec mes petites économies (ça en fait des inventaires chez Leclerc et des distributions de pub tout ça !). Il n'y a pas de vol direct depuis Toulouse, je ferai donc un petit détour par Francfort. C'est également possible via Amsterdam mais un peu plus cher, et oui c'est les vols Air France. 
- dollars canadiens : ok. Bé ouais vaut mieux partir avec un peu de monnaie locale sur soi, histoire de pas avoir l'air con au moment de prendre le taxi depuis l'aéroport :  "Heuuuu...faites pas tarif étudiant, don't you ?"


Prochaine étape : achat d'une valise car la mienne est toute moisie et trouver un petit cadeau pour famille d'accueil (et oui je sais j'ai le coeur sur la main...ou bien l'inverse).

Par Laurent Calvayrac - Publié dans : Job à Vancouver
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Jeudi 24 avril 2008
Voici ma tante prise en plein délire de Tecktonik...images rares d'une tanta Monique qui a créé...la TECKTOMOUN...
Ames sensibles s'abstenir...


Par Laurent Calvayrac - Publié dans : Coup de coeur
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